Origines de la pensée grecque

25/03/19 1 REPÈRES HISTORIQUES À PROPOS DES ORIGINES DE LA PENSÉE GRECQUE 



Le mot « Grec » que nous avons coutume d'employer nous vient des Romains. Il provient peut-être de la première tribu hellénique qui s'installa en Italie : les Graikoi. Les Grecs, dans leur langue, se nommaient eux-mêmes Achéens. Le terme « Hellènes » quant à lui, ne s'appliquait qu'aux habitants de la zone centrale de Grèce, par opposition aux habitants du Péloponnèse. 
Les Achéens sont l'un des premiers peuples indo-européens à avoir envahi la Grèce. Ils y apparaissent vers 1900 avJc. Ils sont originaires des régions plus septentrionales, probablement des Balkans et arrivent par l'ouest. Ils s'installent d'abord en Epire, puis descendent en Thessalie. Ils chassent les premiers habitants, les Pélasges grâce à leur suprématie militaire — usage de l'épée au lieu du poignard, usage du bronze. Ils dominent ensuite les populations de Béotie, d'Attique et enfin du Péloponnèse où ils s'arrêtent en Argolide. Un groupe va même former la population ionienne d'asie mineure (actuellement Turquie). L'Histoire de la Grèce débute en des temps très anciens, au néolithique (entre 6800 et 3200 av. J.- C.). Le néolithique c’est 8000 av JC 
l'apparition de l'écriture vers 3000 av JC date aussi du début de la civilisation égyptienne. Au Néolithique succède l'âge du Bronze, qui s'étend de 3200 à 1100 av. J.-C. Cette période se présente comme la Haute Antiquité de la Grèce et la mythologie de l'époque classique y puise volontiers son inspiration. 
Voici quelques repères pour situer dans le temps les héros et les événements de cette période : – le roi légendaire Égée aurait vécu aux environs de 2600 av. J.-C., – le roi légendaire Minos aurait vécu en Crète vers 2000 av. J.-C., – la guerre de Troie, magnifiée par le récit de l'Iliade, s'est déroulée vers 1230 av. J.-C., époque à laquelle auraient aussi vécu Agamemnon, roi de Mycènes, et Ménélas, roi de Sparte. 
Au début du 2e millénaire (2000 ans av JC), le monde grec se rattache sans discontinuité au plateau anatolien (Turquie), aux cyclades (îles méditerranéennes), à la Crète, à Chypre, la Syrie, la mésopotamie (Irak),à l'Iran, à l’Égypte...même à l'Europe des celtes. 
Entre 2000 et 1900 av JC, la population de la Grèce est issue de vagues successives de tribus descendues des Balkans ou des plaines de la Russie du sud, des peuples indo-européens caractérisés par une famille de langues étroitement apparentées. La vie urbaine prend son départ au pied des forteresses ou des résidences des chefs. Ils rentrent en contact avec la Crète minoenne qui leur révèle un mode de vie et de pensée pour eux entièrement neuf. Crétisation progressive du monde mycénien qui aboutit après 1450 à une civilisation palatiale commune dans l'île et dans la Grèce continentale. L'expansion mycénienne se poursuit du 14e au 12e siècle. Elle prend le relais des crétois un peu partout. Une colonie mycénienne se serait fixée à El-Armarna en égypte et Amenhotep IV, connu sous le nom d'Akhenaton y aurait substitué l'ancienne capitale, Thèbes (aujourdhui Louxor) entre 1380 et 1350. 
Ce qu'on connaît de la période mycénienne entre le 14e et le 12 e siècle provient du déchiffrement des tablettes en linéaire B de Pylos, Mycènes, Cnossos, Thèbes...etc et nous donnent des indications sur les institutions sociales et militaires, l'activité technique et économique, les dieux et les cultes des achéens. 
2 Le linéaire B est un syllabaire utilisé pour l'écriture du mycénien, une forme archaïque du grec ancien. Il se compose d'environ 87 signes. Les nombres sont décimaux, les poids et mesures sont d'inspiration babylonienne. 
La Grèce de la civilisation palatiale mycénienne était assez proche des royaumes orientaux de la même période. Elle était dominée par le personnage de l'Anax mycénien, prince qui contrôle et réglemente toute la vie sociale par l'intermédiaire de ses scribes. les anciennes théogonies étaient intégrées à des mythes de souveraineté enracinés dans des rituels royaux. On parle au sujet de cette période de « royauté bureaucratique » ou de « monarchie féodale ». 
La puissance mycénienne s'écroule au 12e siècle av JC sous la poussée des tribus doriennes qui font irruption en Grèce continentale. L'invasion dorienne rompt pour de longs siècles l'organisation administrative mycénienne ainsi que les liens de la grèce avec l'orient. La mer n'est plus une voie de passage mais une barrière. Le continent grec retourne à une forme d'économie purement agricole. Le règne de l'anax aboli, on ne trouve plus trace d'un contrôle organisé par le roi, d'un appareil administratif, d'une classe de scribes. L'écriture elle-même disparaît comme engloutie dans les ruines du palais. Les grecs la redécouvriront vers la fin du 9e siècle en l'empruntant aux phéniciens. Sa signification se sera transformée.elle n'aura plus pour objet de constituer à l'usage d'un roi des archives dans le secret d'un palais. Elle sera l'élément d'une culture commune. Elle répondra désormais à une fonction de publicité ; elle va permettre de divulguer, de placer également au regard de tous, les divers aspects de la vie sociale et politique. Après le déclin suivant l'écroulement de la civilisation mycénienne, démarrent entre le 11e et le 8e siècle av JC les changements techniques, démographiques, économiques, les formes nouvelles d'occupation du sol et d'agriculture qui vont conduire aux mutations politiques et intellectuelles de la Grèce. Sur cette période des « siècles obscurs », seuls les archéologues ont eu leur mot à dire. En gros, s'opère une mutation qui mène du mythe au rationnel et de l'autocratie à la cité démocratique. Au tournant du 8e au 7e siècle, une pensée neuve cherche à fonder l'ordre du monde sur des rapports de symétrie, d'équilibre, d'égalité entre les divers éléments qui composent le cosmos. La métallurgie du fer succède à celle du bronze. L'incinération des cadavres remplace la pratique de l'inhumation. La céramique se transforme très profondément : elle abandonne les scènes de la vie animale et végétale pour un décor très géométrique. Division nette des parties du vase, réduction des formes à 
3 des modèles clairs et simples, obéissance à des principes de dépouillement et de rigueur qui excluent les éléments mystiques, de tradition égéenne. 
On reconnaît dans ce style géométrique, une attitude d'esprit qui caractérise les hommes de cette période. Éloignement des temps passés, du monde des morts (crémation), différenciation d'avec les dieux (le personnage du roi divin a disparu), l'idée d'un ordre cosmique reposant non plus, comme dans les théogonies traditionnelles, sur la puissance d'un dieu souverain , mais sur une loi immanente à l'univers. Dans toute un série de domaines, une délimitation plus rigoureuse des différents plans du réel s'établit. Qu'il s'agisse de géographie, d'astronomie ou de cosmologie, la pensée conçoit et projette le monde physique dans un cadre spatial qui n'est plus défini par ses qualités religieuses, mais fait des relations réciproques, symétriques, réversibles. Les constructions urbaines ne sont plus groupées comme avant autour d'un palais royal, cerné de fortifications. La ville est maintenant centrée sur l'agora, espace commun, public où sont débattus les problèmes d'intérêt général. La ville est déjà au plein sens du terme un polis. Et cela constitue dans l'histoire de la pensée grecque un événement décisif. La notion d' « arché »-de commandement se sépare de la « basileia »-puissance souveraine de l'anax, pour définir le domaine d'une réalité proprement politique. Les archontes sont des dirigeants politiques élus d'abord pour 10 ans, ensuite renouvelés chaque année. L'arché est tous les ans déléguée par une décision humaine, par un choix qui suppose confrontation et discussion. Les délibérations doivent être portées ές τὁ κοίνον, « au milieu », au centre. Les anciens privilèges du roi, aussi bien que l'arché elle même, sont déposés au milieu. C'est l'avènement d'un espace social entièrement nouveau. Les forces opposées qui s'affrontent parfois avec violence nécessitent la recherche d'un équilibre, d'un accord qui fera naître une réflexion morale et des spéculations politiques qui vont définir une première forme de sagesse humaine. Cette « sophia » apparaît dès l'aube du 7e siècle. L'école philosophique la plus ancienne, l'école de Milet, en asie mineure (turquie) a été fondée par Thalès, l'inventeur du théorème faisant du cercle le lieu géométrique des angles droits construits sur un segment de droite. Environ 600 av JC Socrate Ve siècle av. J.-C. (né vers -470/469, mort en -399). Platon né en -428/427 et mort en -348/347 à Athènes Aristote, disciple de Platon (-384/-322 av JC) 
la grèce antique, comme l'égypte trouve leur fin en 30 av JC avec la bataille d'actium et la domination de l'empire romain. 

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